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Histoire de ma vie - Fadhma Aït Mansour Amrouche. Expédition sous 24h. Vente de Histoire de ma vie pas. Ce livre est le récit d'une vie, " une simple vie, écrite avec limpidité par une. Un instant déstabilisé par ma question, il entreprit ensuite de m'expliquer que. Couvertures rempliées, tranches et intérieur brunis.

Le récit de vie, ou l'autobiographie «Histoire de ma vie» de Fadhma Aïth Mansour Amrouche a été imprimé par les presses de l'imprimerie Brise-Marine de. 26 avr. Auteur: Amrouche Fadhma Aïth-Mansour Ouvrage: Histoire de ma vie Année: Lien de téléchargement Comment oublier l'étonnant Belaïd Aït-Ali, mort en , dont le Free PDF · Aldebaran Video · PDF Archive · Balder Ex-Libris · Vive l'Europe · Aryana Libris · The Savoisien · Solar General. Histoire de ma vie Fadhma Aïth Mansour Amrouche () Souvenirs publiés en après la mort de l'auteur par sa fille, Marguerite Taos Amrouche. 28 nov. Le récit de vie, ou l'autobiographie «Histoire de ma vie» de Fadhma Aïth Mansour Amrouche a été imprimé par les presses de l'imprimerie. Livres À Télécharger Histoire de ma vie, Livres Numérisés Gratuits Histoire de livre faire appel Histoire de ma vie selon Fadhma Aït Mansour AMROUCHE.

Livrer le Prodigue à une étrangère qui ne fera jamais partie du clan et gardera pour toujours notre fils captif, le détournant définitivement de la terre de ses ancêtres!

Il y est né pourtant. Après seulement il nous mit au courant. Le père et le frère aîné consentirent à cette union. Nous ne pûmes que nous incliner.

Amrouche, , 18 Dans presque chaque page de la première partie du roman, Kouka énumère les côtés tyranniques de sa grand-mère qui veut toujours avoir son mot à dire dans toute affaire qui concerne la famille Iakouren, surtout Kouka.

Nous devions laisser à Tenzis…notre façon de vivre et nous réadapter, afin de redevenir ce que nous étions avant notre transplantation. Amrouche, , On peut relever dans le texte une dimension plus vaste de la relation opposée entre Yemma et Gida, qui se résume en une bonne cohabitation malgré la différence religieuse.

Il y avait donc deux clans face à face, bien distincts, et qui se défiaient Tu serais comparable à une perdrix trottinant avec grâce, ta tête petite serrée dans un foulard. Tes cheveux pourraient être lourds et doux, si seulement tu me laissais les enduire de henné: ils se répandraient en écheveaux de soie jusqu'à ta taille, mais tu les as coupés, malheureuse.

Elle se sent comme une aiguille que se tirent les deux pôles contraires, Gida et Yemma à tour de rôle. La mémoire identitaire ou le discours sur la vérité Taos Amrouche construit son roman à partir de souvenirs personnels. Elle fait appel à sa mémoire et livre, un à un les secrets des Iakouren. Pourquoi voulait-elle qu'on tournât le dos au pays natal, pour regarder à l'opposé, vers l'Occident ouvert sur d'incertaines victoires et de multiples dangers, elle qui dans le secret, aspirait à retourner au sein de sa montagne?

Ce matin-là, ayant balancé l'outre par-dessus son épaule, Gida attira mon attention sur un enclos hérissé de pierres aiguës et bleutées, fichées en terre suivant un ordre, et dessinant des rectangles inégaux Amrouche, , Cet enclos dont parle Kouka est le cimetière musulman où sont enterrés des membres de sa famille ancestrale. Et ici, vois-tu, c'est la place de ma mère -Aïni Nous, ici, et vous, là-bas. Nous de ce côté, et vous, de l'autre.

Et elle insista encore une fois, Des déracinés, voilà ce que nous étions. Celle-ci ne comprend pas pourquoi même dans la mort, on exclut sa famille du même et ultime lieu de repos vers lequel les autres membres de la grande famille sont destinés. Tout au long de son adolescence, Kouka vit péniblement son déracinement et sa transplantation. Elle se pose des questions sans réponses et cherche à trouver une explication à ce qui lui arrive. Elle avait essayé de voir M. Elle considérait Taddert-ou-Fella comme un pis-aller.

Elle était originaire — son mari, du moins — de Blidah, où il avait des propriétés ; il venait de temps à autre retrouver sa femme, mais la plupart du temps il vivait dans sa ferme.

La vie reprit comme par le passé ; il y eut une cuisinière, un garçon pour les courses et une adjointe qui vint aider Mme Sahuc pour les classes. Elle fit acheter de la laine par le garçon, la fit laver afin, dit-elle, que nous apprenions à filer et tisser. Il y en eut, parmi nous, qui firent de la belle laine, elles avaient du goût à cela, mais moi, je ne sais pourquoi, cela ne me plaisait pas.

On faisait rarement la classe et nous ne fûmes jamais présentées à aucun examen. Une fois encore les aubépines fleurirent sur les haies, et les ronciers se chargèrent de mûres. La couverture mise sur le métier avait été tissée, plutôt mal que bien. Je reparcourais les deux sentiers : à droite, avec un tournant, le chemin moins escarpé servait exclusivement aux maîtresses ; à gauche, sans tournant, le sentier raide comme une échelle était dévolu aux élèves.

À quoi cela aurait-il servi? À quoi cela avait-il servi? Je me relevai très faible et revins petit à petit à la vie.

Au début de juillet mon frère vint me chercher. Je dis adieu pour toujours à Taddert-ou- Fella. Je demandai à mon frère de me reposer un peu. Quand je me fus reposée, nous repartîmes. Nous atteignîmes le village au crépuscule. Elle me répondit : — Mektoub. Que la volonté de Dieu soit faite. De ce jour je voulus chasser de ma mémoire tout vernis de civilisation. Puisque les Roumis nous avaient rejetées, je me résolus à redevenir Kabyle. Dès le lendemain de mon retour, avec une cruche sur le dos, je la suivis à la fontaine pour charrier notre eau.

Mes frères partirent les premiers, ils creusèrent un grand trou dans un champ moissonné puis ils vinrent chercher les objets délicatement, les uns après les autres, et ma mère les rejoignit ; je les suivis, portant dans mes bras quelques écuelles.

Ils recouvrirent le tout de terre et allumèrent. Toute la journée le feu brûla. Au crépuscule, le foyer fut éteint et ma mère, mes frères et moi rapportâmes à la maison toutes les poteries cuites. Il était tard quand le travail fut fini, mais tout était en place quand nous nous mîmes à manger le couscous aux fèves et aux petits pois que ma mère avait préparé. Sous le toit étaient percées des ouvertures carrées de 20 à 40 cm de côté. Il y en avait sur tous les murs sauf sur celui qui donnait sur la rue.

Sur deux murs, il y avait des étagères à la hauteur de la ceinture. Les murs étaient lissés aux galets, de la même façon que le sol. Elle faisait même quelques dessins sur les murs pour que la maison soit plus belle. Dans la même cour, avec le même portail, trois autres maisons pareilles à la nôtre, appartenaient à des parents de mes frères.

Ma mère me dit : — Fadhma ma fille, nous allons mesurer notre récolte, mettre dans le khoufi ce qui est à nous, et donner le reste au Cheikh et aux pauvres. Ces trous étaient fermés par des disques de liège de la même dimension. Sur la part de Dieu, ma mère préleva ce qui revenait au Cheikh qui, lui, nourrissait tous les malheureux ; le reste, elle le distribua à tous les pauvres qui se présentaient.

Les jours passèrent, pareils les uns aux autres. Les figues commençaient à mûrir ainsi que les raisins. Il était défendu à tout habitant du village de cueillir figues ou raisins avant que la Dâoua soit levée et que les notables donnent la permission de le faire.

Cette attente de près de quinze jours devait permettre aux figues de mûrir en assez grande quantité pour que tous les habitants en profitent.

Celui qui faisait fi de cette Dâoua était maudit et ne finissait pas en bonne santé la saison des figues! Quelle joie le lendemain! Les raisins aussi étaient magnifiques : de grosses grappes pendaient des treilles qui avaient grimpé sur les peupliers le long du ruisseau, et cela me rappelait Taddert-ou-Fella. Je remontais vers la source cachée par les treilles ; leurs grappes rouges et drues descendaient et touchaient presque ma tête.

Au fur et à mesure, les figues séchées furent rapportées à la maison et placées dans le coin qui avait servi pour le grain. Puis il fallut songer aux raisins mûrs à point. Nous allâmes dans un autre champ appelé taferant la vigne. Quand un chouari était plein, on cessait de cueillir et nous montions au village où ma mère préparait le souper.

Les veilles de marché elle faisait cuire une grande galette qui devait servir de provision de route à celui de mes frères qui irait à Aumale vendre les raisins et rapporter la charge de grain, orge ou blé.

Les raisins noirs qui ne pouvaient se vendre pour la table, mes frères les portaient au Moulin Moutier. Août était passé, et septembre, bien entamé ; les premiers orages avaient éclaté et les labours pour les navets avaient commencé.

Toutes les bonnes figues étaient rentrées ; il en restait une petite quantité que nous mettions à part car elles étaient encore molles et devaient être mangées les premières. Mes frères avaient vendu les raisins dans les villes ; parfois, ils en rapportaient des pastèques énormes, rouges comme du sang.

Abandonne-toi à la volonté de ton maître. Le cheikh était venu pour faire le sacrifice des labours. On promena tout autour des maisons les bêtes destinées au sacrifice, afin que le génie des récoltes soit propice et fasse que les pluies soient abondantes, et le grain gros et dru. Les bêtes furent tuées et dépecées, les peaux et les têtes vendues, la viande divisée en quartiers, et chacun eut une large part.

De bonne heure les marmites avaient été mises sur le feu et les légumes nettoyés ; on avait rapporté du jardin une grande brassée de chardons tendres et ma mère avait roulé une bonne quantité de couscous. Ma mère filait sa quenouille et je surveillais le feu. Pourquoi, tous les sous-entendus. Ma mère parla longtemps. Nous nous mîmes au lit.

Comme beaucoup de gens du village, ils avaient vendu de la camelote : encens, antimoine, petits colliers. Ils avaient fait plusieurs randonnées, rapporté plusieurs charges sur le bourricot. Les olives étaient récoltées. Mes frères avaient gaulé les glands — des glands gros comme des noix, et sucrés — et de nombreuses charges de glands occupaient le coin de la pièce réservé aux récoltes. Cela me fit du bien.

De ses chèvres et de ses brebis, depuis quelques jours, nous avions des agneaux et des cabris nouveau-nés. Toute la journée et toute la nuit la neige tomba ; les flocons comme des toisons me rappelaient ceux de Taddert-ou-Fella.

Je surpris, posé sur moi, le regard soucieux de ma mère. Et, comme je la regardais sans comprendre, elle me dit : — Comment, tu ne sais pas? Tout en tournant, je chantais parfois les chants de la meule, et je rêvais à ma vie passée, au temps des vacances où, ayant mal aux yeux, je posais ma tête sur les genoux de ma mère, la nuit, quand elle moulait son grain.

Ma mère avait à faire cuire les galettes pour le déjeuner ; elle en donna un bon morceau à chacun de nous ; puisant dans la jarre aux figues, elle remplit une corbeille et devant chacun de nous posa une jatte de petit lait frais. Tous, nous étions autour du feu et de temps à autre nous poussions dans le foyer une poignée de grignons. Le soir, les moutons furent égorgés en sacrifice et tout le village eut sa part de viande. Je vais consulter le cheikh et sa femme, Lalla Yamina.

Il était environ midi quand nous arrivâmes au village du cheikh. Il habitait seul, avec sa famille, une grande maison entourée de figuiers et de haies de cactus. Nous entrâmes, ma mère et moi, à la suite de notre hôtesse, dans une pièce immense qui servait à la prière et à la réception des invités.

Elle offrit à ma mère quelques kilos de semoule et de la viande sèche, et nous reprîmes le chemin pour revenir chez nous.

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Elle courut à la maison où dormaient les jeunes gens du quartier Akham guelmezien ; elle la trouva close, car tous les garçons étaient à leurs travaux, sauf un jeune homme, qui lui dit : — Ce matin, ton fils Lâmara est parti avec un de ses amis à la ville.

Ils vont à Souk-Arhas, il doit être arrivé à Tizi-Ouzou pour prendre le train. Ma mère avait toujours eu une grande préférence pour son fils cadet car il était très beau : le visage allongé, le teint blanc, le nez droit, la bouche souriante, et de grands yeux bleu-vert comme ceux de ma mère. Cela avait donné lieu à de nombreuses scènes, mon frère aîné étant jaloux de son cadet. La moitié de cette somme avait disparu, mon frère avait dû la prendre pour ses frais de route. Ma mère pleura longtemps, puis, petit à petit, elle revint à ses habitudes, à ses travaux.

Nous emportions notre déjeuner et notre goûter galette et figues sèches. Le soir nous rentrions fatiguées, mais heureuses de ces belles journées en plein air. Quand je revins à la maison, que je parlai à ma mère, elle se mit à pleurer.

Je quittais mon village après sept mois. Je partis un jeudi matin. Les lauriers roses étaient en boutons, et les oliviers en fleurs. Juchée sur mon mulet, une malle devant moi, je remplissais mes yeux de toute cette nature que je ne devais revoir que bien longtemps après, et pour très peu de temps. Ma mère avait bien pleuré en me voyant partir. La porte du fond du couloir ouvrait dehors. Je serais nourrie, défrayée de tout et gagnerais en outre dix francs par mois.

Là, il y avait des créatures de tous âges ; hormis quelques rares exceptions, elles sortaient de la salle des malades, car des cicatrices et des plaies se voyaient sur leurs corps. Le lendemain, levées à cinq heures, nous fîmes notre toilette, et la messe sonna à six heures.

On sortait de là sur une terrasse qui couvrait toute la galerie des arcades. Je revis alors Taddert-ou-Fella, les promenades au clair de lune pendant le mois de Marie, quand nous allions écouter les fidèles. La messe finie, les religieuses et les filles sortirent une à une de la chapelle.

Nous déjeunâmes, et chacune alla prendre sa besogne. Moi, on me présenta au Père Supérieur qui avait dit la messe. Il y avait de la majesté, me semblait-il, dans le maintien de cet homme dont la grande barbe noire tombait sur la poitrine ; son visage allongé avait un nez aquilin et des yeux bleus légèrement enfoncés dans les orbites.

Quand je disais que toutes les religions avaient leur bon côté, on considérait cela comme un blasphème. Il y avait également une jeune fille des Atafs, une Arabe appelée Joséphine.

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Une autre femme mariée, qui vivait au village, venait gagner quelques sous, soit à la couture, soit à la lessive. Une autre encore logeait avec nous, mais son mari habitait Kerrata ; elle aussi attendait un enfant ; elle voulait retourner dans son pays dès que son mari viendrait la chercher. Celle-là, très malade, portait au cou des plaies scrofuleuses. Mais quelle gentille enfant!

Celle-là vraiment était croyante : une petite sainte, qui, plus tard, devint religieuse du Bon Pasteur. À mon arrivée, elle était déjà bien malade et ne se levait plus, mais ses compagnes allaient tous les jours lui faire visite, car elle demeurait très gaie. Un des Pères, homme excellent, lui payait parfois, de sa poche, certaines gâteries dont elle avait envie ; il lui avait ainsi fait faire un couscous au poulet, car il la savait perdue. Pâques approchait. Pendant la Semaine Sainte, nous nous rendions tous les jours aux offices, chez les Pères.

On nous avait fait un uniforme : des gandourahs de cretonne blanche pour le dimanche et les fêtes, de cretonne brune pour tous les jours, complétées par des tabliers en toile de sac et des foulards de coton noués sur la tête.

Mais je crois fermement en Dieu. Quand les Pères nous affirmaient que seuls ceux qui étaient baptisés allaient au ciel, je ne les croyais pas. On longeait la grande route, puis on prenait un sentier qui menait à leur couvent. Cette année-là, il avait neigé pendant la Semaine Sainte, et nous marchions dans la neige pour nous rendre aux offices, en rang, deux par deux. Le lendemain, la vie reprit son cours : messe le matin, déjeuner, travail et catéchisme pour les filles et les femmes.

Le dortoir étant devenu trop étroit et les bassins pour laver le linge se trouvant trop loin, le Père Baldit décida de faire construire une buanderie au- dessus de laquelle on bâtirait un nouveau dortoir.

Quelques-unes parlaient très mal le français. Depuis longtemps il était malade — tuberculeux, je crois. Pour cette circonstance, les garçons des Pères et les moniteurs se trouvaient là. Et je le sus quelques jours après.

Ce jour- là pourtant, ce fut autre chose. Le Père Baldit avait reçu pour moi une demande en mariage et voulait connaître mon avis. Et je sortis. Les vacances passèrent. Comme je ne connaissais pas le jeune homme, la nouvelle me laissa indifférente. Nous couchions dans le nouveau dortoir, sur des paillasses à même le sol. Le nombre des filles avait augmenté. Nous avions comme portier un être hybride, moitié homme, moitié gorille : il avait un front bas et têtu, des yeux chassieux, toujours pleins de larmes et de pus, un petit nez écrasé, une bouche aux lèvres pendantes, avec des dents longues, jaunes, pourries et irrégulières.

En outre, il boitait très fort, une de ses jambes étant raidie par les rhumatismes. Vous sortirez de la chapelle par la porte du fond. Une femme? Et nous ne passâmes plus, au sortir de la messe, par la galerie. Il y eut un réveillon : les religieuses firent bien les choses et tout le monde se régala.

Chacune de nous eut une surprise. Ne perds jamais confiance! Il y eut, à ce moment-là, beaucoup de conversions. Cela tenait, je crois, au fait que les Pères, à cette époque, étaient très généreux.

Fadhma Aïth Mansour Amrouche : histoire de ma vie - E-Periodica

Et la chapelle était pleine à étouffer tous les dimanches. Adossés aux casiers contenant le linge des malades, des bancs servaient pour nous asseoir. Parfois, une pauvre fille arrivait du dehors toute gelée ; elle grattait la cendre de ses doigts pour se les réchauffer.

Ici, plus de jeux, plus de boules de neige, plus de bonhomme, tout était morose, tout devait être fait pour Dieu et offert à Dieu ; aussi ai-je conservé de cette époque comme un goût de cendre. Les miennes étaient très mauvaises. Je le lui demandai. Un dimanche, nous eûmes une surprise : on nous servit un rôti délicieux, cuit au four. Pour la première fois depuis longtemps nous avions un bon repas ; il y eut même une sorte de dessert. On nous avait dit que ce rôti était un lapin, ou je crois même un petit cabri.

Au printemps, des filles des Ouadhias vinrent en promenade.

Je la tendis à la Mère Supérieure qui accepta de la mettre à la poste. Mais, le soir, le Père Justrob me fit appeler et me demanda pourquoi je voulais partir. Parmi mes compagnes, il y en avait de gentilles ; Alice, par exemple, était charmante, et Seltana, la femme du boulanger.

Mais je ne pouvais parler français avec aucune, jamais je ne me trouvai seule avec mon ancienne camarade Inès, jamais nous ne pûmes évoquer Taddert-ou-Fella. Au printemps, ma mère était venue me voir. Je lui répondis que seules, elle et moi, étions juges en la matière. Je travaillais avec Seltana qui, elle, avait toute ma confiance.

Je donnai la missive à Seltana qui, sous mes yeux, la remit en mains propres au jeune homme qui se tenait debout à côté de Négro. Je récitais les prières en kabyle et les autres filles ou femmes répondaient. Le Père Baldit marchait de long en large, selon son habitude. Que faut-il que je lui réponde? Que savez-vous de ce jeune homme? Quand je repense à cette époque, je reste confondue de notre insouciance et me demande comment nous avons pu faire.

Et le bon Dieu fit le reste : un véritable miracle. Quand je revins au dortoir, les femmes et les filles étaient déjà couchées. Tout ce monde avait dormi chez les Pères. Je ne me rappelle pas très bien comment les choses se sont passées ce matin-là. Il retourna dans notre village, le soir-même, avec son compagnon. Ensuite les convives se mirent à puiser tous ensemble dans le couscous contenu dans une énorme coupe de bois. De ce jour je ne me sentis plus isolée.

Pour le pire comme pour le meilleur, nous étions deux. Mère Saint-Jean me donna une natte, me prêta quatre couvertures de laine et deux draps. Mon mari ayant emprunté un bourricot, nous chargeâmes le tout sur son dos. Je demandai à la Mère Supérieure les quelques sous qui me restaient chez elle — une trentaine de francs, je crois. Il faisait très chaud. La première impression que je ressentis en entrant dans la demeure de mes beaux-parents fut la surprise.

Toute cette animation autour de moi me donnait le vertige. Elle me parut très triste : elle venait de perdre, de la tuberculose, sa fille Aïcha, qui laissait cinq orphelins dont un tout petit enfant rachitique. Cette femme avait une autre fille du nom de Fatima.

Elle me dit que son fils aîné était resté auprès de son mari, à Medjana. Il faut ajouter les cousins germains, leurs mères et leurs femmes, venus par curiosité. Elle avait préparé notre couche : des couvertures sur une natte et un drap en cretonne imprimée pour nous couvrir. On apercevait les tuiles. Aucun confort ni aucune propreté. Le sol était pavé de briques pleines, comme au rez-de-chaussée. À côté de cette pièce, au- dessus du vestibule, se trouvait la chambre de Taïdhelt, la femme du grand- père.

Ma belle-mère, cependant, avait quitté les effets revêtus pour la cueillette et, avec une sorte de brosse en alfa, se frottait de toutes ses forces pour casser les épines.

Mais ce matin-là, la galette était beaucoup plus grosse et Douda nous en offrit un bon quartier, à mon mari et à moi. Elle avait délayé du miel dans une écuelle, et tous deux nous déjeunâmes ainsi. Le lendemain, le cousin Madani nous invita pour le repas de midi : il avait tué un couple de perdrix. Nous y allâmes en passant par Tahriqth — un petit champ, situé en dehors du village, afin que les étrangers à la famille ne pussent me voir. Je passai dans cette maison amie une bonne partie de la journée ; le soir nous revînmes chez mon beau-père.

Je reverrai toujours la rage de mon beau-père : il avait entre les mains des étriers de fer unis par une courroie de cuir. Il prit ma belle-mère par les cheveux et se mit à frapper sur son dos à tour de bras, de toutes ses forces.

Nous étions toutes accourues, moi, Taïdhelt, Douda et ses filles, toutes nous nous suspendîmes à son bras pour lui faire lâcher prise. Les yeux lui sortaient des orbites. Lla Djohra était tombée à terre. Je ne pense pas être restée plus de huit jours à Ighil-Ali. Le mardi, je vis arriver mon frère Lâmara avec deux mulets. Nous repartîmes presque aussitôt, car il y avait plusieurs jours que mon frère était en route, et la location des mulets courait.

Au début de septembre, nous étions de nouveau chez nous, à Ouarzen. Mon mari venait alors me chercher, je préparais le repas et nous mangions. Le Père Carisson nous avait acheté des ustensiles de cuisine.

Je ne savais pas cuisiner. Je réussissais tout juste à faire afdhir-ou- quessoul[23], une galette, et je roulais un peu le couscous! Comment ai-je appris à travailler, je me le demande. Il rapporta aussi deux kilos de viande. Notre déjeuner de midi pris, nous repartions. Dès le 1er novembre, la propriétaire du logement nous donna congé, car me dit-elle, son époux étant rentré, ils désiraient être seuls chez eux.

Je vais arranger les choses. Quand mon mari vint me chercher, à midi, je lui montrai la clef : — Notre Mère nous a donné cette chambre.

Nous ouvrîmes la porte et nous fûmes très contents. Le jour même nous apportâmes nos affaires, et le soir nous couchions enfin dans un logement sûr. Avec quelques dizaines de francs, nous nous procurâmes quelques mètres de pilou rouge, à raies noires, pour confectionner des rideaux et cacher ce que nous mettions sur ces étagères. Sa figure était pleine de traces de ce terrible mal. Parfois, il achetait lui-même des grenades au marché.

Noël était arrivé. Donc, pour Noël, cet homme voulut passer des vacances à Ighil-Ali et il proposa à mon mari de le suivre. Comme un fait exprès, le lendemain, survint mon frère. Je lui dis : — Mon mari veut aller passer quelques jours chez ses parents. Emmène- moi chez nous pour le temps de son absence. Je levai la tête et vis le Père Justrob qui courait de toutes ses forces pour me rattraper. Et il me ramena, tandis que mon frère poursuivait sa route sous le regard courroucé du bon Père Justrob.

Nous ne reparlâmes plus de cet incident. Cette année-là, il y eut la messe de minuit du siècle, car nous étions au 31 décembre Il avait encore neigé.

Mon mari aidait le Père Justrob à traduire les cantiques en kabyle. Il pleuvait parfois dans la cheminée de notre chambre et nous ne pouvions allumer le feu.

Nous étions réduits à rester sans souper. Le Père Baldit était Provincial et il entreprenait de longs voyages pour inspecter les postes.

Analyse de "Histoire de ma vie" de Fadhma Aïth Mansour Amrouche

Son absence durait des semaines. Pour cette raison, le Père Schmit était Supérieur. Il aimait les enfants. Il nous fit très bon accueil et me donna plusieurs tablettes de chocolat ; les autres missionnaires nous avaient offert des bonbons, des dragées.

Je revins à la maison rouge comme une tomate et les yeux brillants de joie. Nous nous trouvions très bien dedans, depuis que des rideaux cachaient les étagères et que notre natte et les couvertures étaient étalées sur des planches.

On pouvait ranger des choses sur des caisses, et les chaussures sous le lit. Elle couchait dans le dortoir, avec les autres filles ou femmes. Il y avait beaucoup de travail : outre le raccommodage, on faisait la lessive, la cuisine, le repassage ; on avait même installé un métier à tisser et Fatima la grosse tissait un beau burnous pour le Père Baldit, croyait-on.

De la lingerie, je revenais tout droit à ma chambre. Elle vécut avec nous, couchant sur notre lit. Mon mari me fit part de cette confidence. Cette année, la fête du Mouloud — celle du mouton — avait presque coïncidé avec Pâques. Pour Pâques, les ménages chrétiens avaient, eux aussi, tué un mouton, et nous en avions eu notre part. Un lundi, il y eut une éclipse de soleil. Puis le soleil revint. Celle-ci en fut mécontente. À trois heures du matin, Belkacem appela la sage-femme ; et mon fils Paul-Mohand-Saïd naquit le 29 mai Il revint le surlendemain.

Il les tient sans doute de sa famille paternelle. Mon frère vint chercher ma mère quelques jours après. Je me levai au bout de quinze jours, un peu amaigrie. Je me remis à mes occupations. Nous fûmes relégués dans une pièce au-dessus des écuries. Les matinées étaient insupportables, et les soirées intenables.

Nous étions en été, juillet avait commencé avec les vacances. La Mère Supérieure voulut bien nous reprendre toutes les planches que nous avions achetées.

Le déménagement fut vite fait. Quand je descendis de la mule, mes jambes étaient tellement ankylosées que je ne pouvais les remuer. Il a les mêmes cheveux noirs ; il en a surtout les pieds et les talons. Mon mari et moi fûmes installés dans la maison aux provisions. Au désespoir de mon beau-père, la fiancée destinée à mon mari était retournée dans sa famille.

Je supposai que les femmes devaient filer la laine : au fond de la pièce, un burnous était sur le métier. Il y avait aussi Douda et ses filles. Je mangeais avec tout le monde la galette et le couscous, mais mon mari ne voulut pas se contenter de cette nourriture.

Il acheta quelques pâtes, des pommes de terre, et nous fîmes marmite à part. Il avançait lentement vers la cour, tandis que toutes les femmes se portaient à sa rencontre, lui embrassaient la tête et lui disaient : — Aâsslama a Dhada Hacène!

On déchargea la mule. Peu après, il partit pour Alger. Taïdhelt me donna des fibules et un khekhal — anneau de cheville. Je pus alors détailler ses traits. Sa haute stature était encore rehaussée par le guennour, coiffure des Aïth-Abbas. Une sorte de dignité et de grandeur se dégageaient de sa personne. La première scène pénible fut occasionnée par notre religion : mon mari et moi devions aller à la messe, le dimanche matin. Les Pères avaient fait construire, pour les ménages chrétiens, de petits logements à proximité de la Mission, ainsi les femmes converties pouvaient-elles pratiquer leur religion sans passer par le village.

Les coutumes de la Petite Kabylie défendaient aux femmes jeunes de sortir de la maison et de se montrer aux hommes. Elle sortit en coup de vent, alla chercher Taïdhelt qui avait autorité sur la maison. Taïdhelt était douce et de caractère pondéré.

Nous dûmes obéir. Il y avait deux clans distincts dans cette famille. Il possédait non loin de là une épicerie ; il vendait en outre des étoffes aux Arabes. Durant bien des jours, il fut entre la vie et la mort. La petite fille, Ouardia, avait trois ans, et le dernier un an à peine.

Tout ce monde vint augmenter la population déjà dense de la maison. En cet été , la température fut étouffante et les femmes, la nuit, couchaient à la belle étoile, dans la cour, sur un linge étendu à même le sol. Nous étendions sur une natte une couverture en poil de chameau qui servait à monter à mulet, et le jour de marché, nous étions tenus de donner cette couverture, et nous nous rendormions à même la natte et le drap, mais nous étions si jeunes!

Elle avait tellement maigri que ses traits en étaient déformés. Vint la saison des olives. Elles rentraient aux étoiles, éreintées mais heureuses. Comme toutes les femmes participaient à la cueillette, je fus désignée pour garder la maison, trier les deux couffins de grain qui devaient être moulus dans la nuit, et préparer le repas du soir. La grand-mère Aïni venait tous les jours me tenir compagnie. Elle berçait Paul, mais quand elle voulait le sortir du berceau, il pleurait très fort, car il avait peur de ses yeux fermés.

Alors, la nuit venue, la lampe à huile allumée, Lla Djohra et Douda servaient tout le monde ; les ouvriers dans le vestibule, les hommes à part, et enfin les femmes et les filles qui entouraient le grand plat de frêne monté sur pied.

Les jours passèrent. Octobre, puis novembre, puis décembre. Vint Noël. Le lendemain, à la nuit noire, je rentrai à la maison. Belkacem recevait des Pères cinquante francs par mois.

Mon mari fit venir à son compte, de Bougie, les tuiles, les lattes, les carreaux et les vitres. Parfois même, le samedi soir, Belkacem faisait rôtir un morceau de viande chez M. Jean, le cuisinier des Pères. Khaled était marié à sa cousine germaine, une orpheline qui avait été élevée par la grand-mère Aïni. La mère — Lalla Aïni — et Khaled, son fils, se rencontraient parfois dans notre maison.

Khaled en vint à dire : — Quand tu mourras, je souillerai ta tombe! Farine, huile, galette ou couscous, tout cela était donné sans mesure ; Taïdhelt elle-même nourrissait les enfants de sa fille veuve, Fatima.

Ils ne revenaient que le samedi soir, épuisés par cette longue marche dans le désert. Ma belle-mère qui travaillait dur avait le sommeil lourd ; aussi, elle suppliait Taïdhelt de la réveiller.

Le lundi, il portait au marché tous les peignes à carder de la semaine — trente kilomètres à pied aller et retour… Ighil-Ali est un pays très pauvre ; le terrain est schisteux, les cultures de céréales rares, aussi les gens attendent-ils le jour de marché avec impatience pour se ravitailler.

Durant quelques hivers nous avions pu avoir ainsi une bonne provision. Nous étions au printemps Mais quelles fuites! Un jour, il se rendit à Tizi-Aïdhel pour chercher deux mules chargées de blé. Il le fit en décembre Ce fut une grande noce, avec des musiciens venus de la plaine. Les sept jours de liesse rituelle écoulés, Zahra prit sa place parmi les autres femmes. Et chacune des trois, à tour de rôle, passait la nuit avec mon beau-père dans la maison neuve.

Mais Douda voulut avoir le même trousseau que la nouvelle épousée. Elle abandonna ses petites filles à Ighil-Ali et partit se réfugier chez ses parents. Ma belle-mère Djohra et Douda avaient mis sur le métier un burnous blanc très fin destiné à leur époux commun Ahmed-ou-Amrouche, mais celui- ci ayant épousé Zahra, elles décidèrent de déserter le métier et exigèrent que ce fût la nouvelle femme qui continuât de tisser.

Il était de taille moyenne, mais paraissait grand avec le guennour. Il était très brun, avec des yeux fauves enfoncés dans les orbites ; il portait la barbe et la moustache.

Paul marchait maintenant. La famille entière en raffolait, car les garçons manquaient chez nous. Les habitants du village eux-mêmes le gâtaient et Poupoul-ou-Amrouche était connu à la ronde. Il y avait des vitres à ces fenêtres et une cheminée ornée de mosaïques. Les mois passèrent. Le printemps était revenu. Nous étions en Hacène-ou-Amrouche nous reçut cordialement. Paris le 13 décembre Marguerite Fadhma aïth Mansour Amrouche. La dite-note informe aussi que le manuscrit ne fut pas publié du vivant de Monsieur Amrouche père de son vrai nom Belkacem Ou Amrouche.

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